Entretien avec William Bonnet (1ère partie)

Entretien avec William Bonnet (1ère partie)

Il y a quelques semaines, Willian Bonnet, le coureur de la formation FDJ a eu la gentillesse de nous accorder un long entretien, dont nous avons aujourd'hui le plaisir de vous proposer la première partie. En attendant la seconde la semaine prochaine.

 

Concernant les classiques flandriennes, le bilan 2017 de la FDJ a été sauvé par la sixième place d’Arnaud Démare sur Paris-Roubaix. Autrement, le meilleur résultat avant cela était la dix-huitième place de Konovalovas au Grand Prix E3. On a senti une équipe FDJ plus en retrait, ayant du mal à peser sur les courses. Pourriez-vous nous dire ce qu’il manque à cette équipe pour être d’avantage présente dans le final ?

WB : Je ne vais pas parler plus que ça car je n’étais pas sur les courses. De l’extérieur, on ne voit pas tout ce qu’il se passe sur les Classiques. Les problèmes mécaniques, il faut une part de réussite. Je sais qu’Arnaud était prêt physiquement à jouer les premiers rôles. C’est vrai qu’à part la sixième place d’hier, je pense que les courses d’avant n’ont pas donné les résultats escomptés.

 

Notamment Gand-Wevelgem qui convient parfaitement à Arnaud…

WB : Oui mais Gand-Wevelgem, j’ai appris ça après, mais il y a eu beaucoup de problèmes mécaniques, de crevaisons alors qu’on n’avait pas crevé de l’année. Il y a plein de choses, je ne peux pas parler pour eux. Mais je pense que ce serait bien qu’on se renforce avec des coureurs de classiques. On en manque. Nous étions neuf coureurs pour faire les classiques flandriennes, sans concurrence. Quand on sait que chez Quick-Step ils sont douze-treize à pouvoir faire les Classiques. Chez nous, quand on voit qu’on a du faire appel à Lorenzo Manzin pour certaines courses alors qu’il n’a jamais fait de classiques. Ils sont là aussi pour apprendre, mais Arnaud a aussi besoin de coureurs qui connaissent déjà le terrain pour pouvoir être plus performant.

 

Nous avons souligné notamment la jeunesse de l’effectif aligné sur les Classiques flandriennes avec près de la moitié du groupe présent : Lorenzo Manzin, Marc Sarreau, Marc Fournier et Oliver Le Gac…

WB : Olivier Le Gac qui a fait une bonne campagne, qui progresse bien, c’est un bon élément, il va continuer de progresser. Mais le groupe mériterait d’avoir un deux spécialistes de classiques en plus pour être plus performant.

 

Parmi les jeunes composant l’équipe FDJ aujourd’hui, est-ce qu’il y en a un que vous verriez jouer les premiers rôles sur les Flandriennes ?

WB : Et bien Arnaud, qui n’a que 25 ans. Encore ce matin (lundi 6 avril), on échange beaucoup car nous sommes voisins, je lui disais que l’âge moyen du vainqueur de Roubaix c’est plus de trente ans. Donc il a encore le temps, faut de l’expérience, engranger de la caisse comme on dit. Il a tout pour bien faire et réussir dans ces courses. Je pense qu’il ne faut pas chercher, il y a d’autres jeunes qui vont apprendre à son contact. Ils vont apprendre à courir mais pour l’instant il faut travailler pour lui.

 

Ce groupe des classiques flandriennes sera en grande partie aligné sur le prochain Tour de France. Pourrions-nous vous voir intégrer le groupe pour accompagner Arnaud Démare ?

WB : Déjà on va faire le Giro avec Thibaut puis on verra, ce sera un gros morceau. Après selon la manière dont se sera déroulé le Giro, on verra quelle sera la stratégie de l’équipe au prochain Tour. Il y aura le groupe d’Arnaud, et voir combien de coureurs seront autour de lui. Mais je sais que je fais parti de la pré-sélection pour le Tour s’il y a besoin. Mais c’est encore loin.

Justement, vous étiez la semaine dernière en stage aux Canaries pour préparer le prochain Giro. Combien de jours êtes-vous partis là-bas ? Qu’avez-vous travaillé comme type(s) d’entrainement(s) ?

WB : Nous sommes partis une semaine. Nous étions là-bas pour faire du dénivelé. Dans la semaine nous avons dû faire un peu plus de 16 000 mètres de dénivelés. Nous avons fait de bonnes charges de travail chaque jour dans des conditions excellentes, il faisait entre 25 et 30 degrés. C’était l’idéal pour travailler, nous étions quatre coureurs, en petit comité. C’était vraiment un très bon stage. Cela nous a permis aussi, suite à Tirreno, et à San Remo pour moi, où nous avions fait un petit break, de faire une remise en route. Ensuite aller au Trentin (Tour des Alpes), puis au Giro dans de bonnes conditions.

 

Vous avez évoqué quatre coureurs présents, avec Steve Morabito, Tobias Ludvigsson, Thibaut Pinot, et vous-même. L’absence du lieutenant de Thibaut, Sebastien Reichenbach s’est faite remarquer, comment cela a été vécu par le groupe, le staff, avec de possibles inquiétudes en vue du Giro ?

WB : Oui c’est sûr que ça peut être un problème, mais il a bien été pris en charge par le staff médical. Là il est en soin, il a déjà repris le vélo. Chaque chose en son temps. Ce qu’on demande à Sebastien c’est d’être opérationnel lors de la troisième semaine surtout, donc il reste encore plus d’un mois. Il était en très bonne condition tout le début de saison, c’est toujours plus facile de récupérer d’un problème en bonne condition que lorsqu’on se cherche. J’espère que ça ira, mais ça va aller. Sans m’avancer, il va faire sa rentrée au Romandie.

 

Ce stage était aussi pour vous mettre dans le bain du prochain Giro. Avez-vous commencé à prendre le temps d’étudier les étapes piégeuses, notamment celles où vous serez en charge de protéger au mieux Thibaut Pinot ?

WB : Nous avons un directeur sportif qui fait le Giro tous les ans, Martial Gayant. Il nous a déjà fait plusieurs briefings du prochain Giro pour nous mettre un petit peu dans le bain, tout doucement. On sait à quoi s’attendre, on connaît l’équipe qui ira au Giro, donc on connaît chacun notre rôle. Chacun sait ce qu’il a à faire, là où il doit le faire. On avance d’une manière sereine, on sait un peu plus où l’on va. Je pense que ça rassure Thibaut de pouvoir compter sur une équipe solide qui a confiance.

 

Une confiance marquée par un groupe qui bouge peu, tout en notant l’arrivée de Tobias Ludvigsson...

WB : Comme les Italiens pour Arnaud, c’est une très bonne recrue Tobias. Je ne le connaissais pas plus que ça avant, mais je pense que c’est une superbe recrue.

 

Beaucoup sur le forum avaient notamment émis leurs inquiétudes pour encadrer Thibaut Pinot en montagne suite aux départs d’Alexandre Geniez et de Kenny Elissonde… Toutefois l’arrivée de Tobias Ludvigsson semble vraiment être un plus…

WB : Oui je pense que Thibaut aussi ça l’a rassuré, car c’est quelqu’un qui roule très vite, notamment troisième du dernier contre la montre de la dernière Vuelta. On le voit en course, il est capable de rouler très vite, et d’aller loin dans les étapes difficiles. C’est un élément important pour tout le monde, ce qui permet de nous rassurer, de rassurer Thibaut qui voit qu’il a des coureurs présents, et qui ont confiance en lui. Il le mérite, il est très fort, et il voit qu’il a des coureurs qui sont prêts à se dévouer à cent pour cent pour lui.

 

Pourriez-vous nous en dire plus sur l’identité des coureurs qui composeront le groupe FDJ pour le prochain Giro ?

WB : Vous prenez le groupe aligné sur le dernier Tirreno, et ce sera sensiblement la même chose. Le neuvième je ne sais pas, je ne vais pas parler à la place des directeurs sportifs. La base c’est Tirreno.

 

En tant que neuvième homme, si Davide Cimolai intègre le groupe, est-ce qu’on pourrait vous voir être dans le rôle de poisson pilote pour les étapes arrivant au sprint ?

WB : Je ne pense pas qu’il y sera.

 

Propos recueillis par Axel Fouchet

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