[Récit] Guillaume Gaboriaud nous raconte son Tour de Gironde

[Récit] Guillaume Gaboriaud nous raconte son Tour de Gironde

Tour de Gironde

 

1ère étape : 200 kilomètres très vallonnés

Cette première étape me convenait bien, avec 200 kilomètres et de nombreux Grands Prix de la Montagne, c’était long (près de 5 heures d’effort) et très usant, tout ce que j’aime! L’année dernière cette étape m’avait plu, et j’avais loupé la bonne échappée sur un arrêt pipi, je voulais me rattraper cette année.

Deux jours avant, j’avais pu me rassurer en ayant de bonnes sensations dans le final de la Coupe De France de Division Nationale 1 à Montbéliard (9ème), restait juste à savoir si j’avais bien récupéré, car il n’y avait qu’un jour de repos entre.

Comme pressenti sur le Roadbook, le peloton s’est cassé kilomètre 20 au 1er Grand Prix de la Montagne (un gros raidar d’1 kilomètre à 8%). Je suis dans le coup avec mon coéquipier Bruno (Armirail), on est une trentaine à l’avant. Ça tourne plutôt bien, mais pas non plus à fond, tout le monde sait que la journée sera longue. Un contre d’une dizaine parvient à rentrer d’ailleurs. Tous les favoris sont là, personne n’a été piégé, une belle bataille nous attends plus tard.

Bruno en profite pour faire les GPM.

La chaleur est forte, on boit énormément, mais j’aime ces conditions. Et je me sens de mieux en mieux. Deux coureurs de l’Océane Top16 se sont isolés devant (Saint Martin et Deslandes), mais on les « contrôle » à distance. Saint Martin fini par se relever. Passé la mi-course, la course s’emballe un peu. Il y a des attaques et cassures dans le groupe, je rejoins Deslandes à l’avant avant finalement qu’on soit repris tous les deux.

Alors que je prends un bidon à la voiture, on attaque un GPM et Burgaudeau attaque d’entrée. Le groupe explose. Je parviens à rentrer sur la tête sur le haut, revenant d’assez loin, c’est là que je comprends que je suis dans une bonne journée. La course est vraiment lancée.

Plus loin, Paillot s’isole avec Axel Flet et Olivier Le Court. Le Vendée U réagit avec Burgaudeau, Rivière et Krainer, je suis dans le coup avec également Torres (Burgos BH), Maurelet et Russo. On rentre à l’avant. On est 10, ce sera le bon coup.

Bruno est hélas piégé. Je passe donc en tête du GPM suivant afin de protéger le « virtuel » maillot de grimpeur de Bruno.

L’entente est plutôt bonne jusqu’au circuit final. Les hostilités se lancent, et je me retrouve à l’avant avec Krainer, avant qu’il ne parte seul sans moi. Il sera revu. Dans la montée d’arrivée à la cloche, Maurelet attaque très fort. On perd Rivière, Flet et Lecourt, mais ces 2 derniers restent à portée. Je m’accroche, je suis complètement à fond. Les attaques fusent, mais personne ne parvient à réellement s’isoler, et on est tous à fond (enfin c’est mon cas). Finalement à la flamme rouge, je profite d’un moment de temporisation pour attaquer de derrière. Je pars seul, sentant que je n’aurai pas les jambes pour gagner « à la pédale au sprint ». Je prends 30 mètres, mais hélas pour moi, Flet et Le Court reviennent à ce moment-là, et il y a encore Krainer pour rouler. Ces 3 équipiers se sacrifient pour Maurelet, Burgaudeau et Russo, et je suis repris dans le plus dur de la bosse d’arrivée, lorsque le sprint se lance à 300m de l’arrivée.

Je fini comme je peux 5ème, sauté sur la ligne par Yoan Paillot. Maurelet s’impose légèrement détaché. Pas de regret, j’ai tenté de gagner avec mes moyens, et c’était particulièrement grisant d’être seul en tête à 500 mètres de l’arrivée.

Bruno lâche ses compagnons de contre pour prendre une bonne 11ème place et le maillot des grimpeurs.

2ème étape : 155 kilomètres, relativement plat

De nombreuses attaques au début, et une grosse échappée de 20 se dégage. Il y a Le Court et Torres à l’avant parmi les hommes dangereux au classement général. Mon coéquipier Simon (Lhuilier) est présent à l’avant, il prendra d’ailleurs la bonification pour me protéger.

La Bande et Saint Etienne viennent rouler en tête de peloton, et devant l’échappée se disloque, on en reprendra une quinzaine, dont Le Court, Torres et Simon. Dans le peloton, on reste placés à l’avant avec l’Occitane, bien protégé par Bertrand (Putigny) qui fait un gros boulot pour nous.

Dans les Grands Prix de la Montagne du milieu de course, Saint Martin passe en tête des deux premiers, et menace le maillot de Bruno si l’on ne revient pas sur l’échappée rapidement. On réfléchit donc à rouler pour rentrer et protéger le maillot de Bruno. Finalement, Burgaudeau attaque au pied du 3e GPM, Maurelet y va direct, et finalement le reste du peloton revient par grappe. Paillot attaque sur le haut, j’y vais, et le contre ensuite, je pars hélas seul, ça ne sert pas à grand-chose. Mais ça a le mérite de ramener l’échappée à la raison. Tout rentre dans l’ordre, mais les attaques fusent.

Simon s’échappe et dépose son compagnon d’échappée afin de prendre le 4e GPM. Il permet ainsi à Bruno d’être pour de bon le meilleur grimpeur de ce tour de Gironde.

Plus loin, un groupe de 4 avec Krainer sort, et menace le maillot jaune. C’est donc Blagnac qui roule jusqu’au circuit final. Je sens que je commence à être un peu cuit, et c’est pareil pour la majorité du peloton, car un bon coup de gaz de Burgos BH fait exploser le peloton peu avant le circuit final. Le peloton se recompose. Sur le circuit final, nous avons près d’1 minute 15 de retard, Krainer est leader virtuel. Heureusement, Bruno prend ensuite un gros relais pendant tout un tour de circuit, et l’échappée est sur le point d’être reprise à 4 kilomètres de l’arrivée dans l’avant dernière bosse. C’est le moment que choisi Burgaudeau pour attaquer. Un groupe de 8 se détache, n’ayant pas de supers jambes, j’ai un peu hésité et je n’ai pas réussi à revenir sur le haut. Ils se disputeront la victoire.

Le peloton, arrive peu après à quelques secondes. Lancé par Bruno, je prends la 4e place du peloton. 12ème. Je suis déçu que les jambes n’aient pas répondu dans ce final, ma place était devant… Et je suis déçu de ne pas concrétiser le gros travail de toute l’équipe.

Passé cette déception, ça reste un bon week-end, et l’objectif initial du Top 10 est accompli avec cette 6ème place finale. Ça me lance sur de bons rails avant un mois de Juin très chargé, avec en apogée les championnats de France.

 

Propos recueillis par Benjamin Arnaud

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